Bientôt cinq mois que plusieurs plateformes numériques et réseaux sociaux sont suspendus au Gabon, au grand dam des utilisateurs. Interpellé sur cette mesure lors de sa conférence de presse du 17 juillet à Libreville, le Conseiller spécial et porte-parole de la présidence de la République, Théophane Nzame-Nze Biyoghe, en a réaffirmé le caractère provisoire et conservatoire, rejetant toute lecture exclusivement politique. Selon lui, la suspension répond avant tout à un impératif de régulation et de protection des populations, notamment des plus jeunes.

Au Gabon, des comptes et de plus de 20 000 contenus jugés nocifs ont été supprimés sur TikTok, a affirmé le Porte-parole de la présidence de la République (Illustration). © GabonReview / IA

 

Face aux interrogations persistantes sur la suspension des réseaux sociaux et la baisse du débit de l’Internet au Gabon, le porte-parole de la Présidence de la République a, de nouveau, exposé la ligne officielle du gouvernement sur ce dossier. Rappelant le contexte républicain et la volonté de transparence affichée par la Présidence après l’allocution du chef de l’État devant le Parlement réuni en Congrès, il a insisté sur le caractère réfléchi et non arbitraire de cette mesure. «Cette suspension temporaire est conservatoire», a-t-il déclaré, justifiant l’intervention par la nécessité de protéger l’ordre public et de garantir la sécurité des citoyens, notamment des plus jeunes.

20 000 contenus supprimés sur TikTok

Dans ce contexte, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a rappelé que le gouvernement avait engagé, depuis plusieurs mois, un dialogue avec les principales plateformes numériques afin de renforcer le contrôle des contenus jugés préjudiciables. Il a notamment évoqué les démarches entreprises auprès de TikTok, précisant que «des agents de la Haute Autorité de la Communication (HAC) avaient été admis à formation auprès de la représentation régionale de TikTok en Afrique».

Le ministre de l’Économie numérique a récemment poursuivi ces échanges avec les responsables régionaux de la plateforme. Cette coopération, a-t-il expliqué, a déjà permis «la suppression de certains comptes et de plus de 20 000 contenus jugés nocifs sur cette plateforme».

«Nous ne sommes pas les premiers à le faire»

Pour le porte-parole de la Présidence de la République, cette politique de régulation dépasse largement les considérations politiques. «Cette question de la restriction des réseaux sociaux, restriction temporaire, conservatoire, n’est pas qu’une question politique. Elle ne doit pas simplement être appréciée à travers le prisme de la politique», a-t-il insisté. Il estime que cette démarche participe d’une responsabilité plus large de l’État visant à «protéger nos concitoyens, notamment les plus jeunes, qui sont en plein processus de socialisation». Selon lui, les plateformes numériques exercent, aujourd’hui, une influence considérable sur la formation des comportements et des valeurs. Ce qui justifie un encadrement renforcé lorsque certains contenus sont jugés incompatibles avec cet objectif de protection.

La voix de la Présidence a par ailleurs assuré que le Gabon n’agissait pas de manière isolée et que plusieurs États avaient engagé des réflexions similaires sur la régulation des réseaux sociaux. «Nous n’avons pas forcé la main à TikTok. Nous sommes tombés d’accord avec TikTok pour identifier certains contenus qui, pour nous, étaient problématiques», a-t-il fait savoir, citant notamment les contenus à caractère sexuel ou sexualisés. «Nous ne sommes pas les premiers à le faire», a-t-il poursuivi, non sans indiquer que le gouvernement entend poursuivre les discussions avec l’ensemble des plateformes afin de définir un cadre garantissant, à la fois, la liberté d’expression et la protection des citoyens. «Nous constatons simplement qu’il y a eu nécessité à réguler, ce que nous avons fait. L’œuvre se poursuit et le Gabon est prêt à discuter avec l’ensemble de ces plateformes», a conclu Théophane Nzame-Nze Biyoghe.

 
GR
 

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