Des milliers de Gabonais attendaient leur titre foncier depuis des années, parfois une décennie. Le ministère du Logement vient de transmettre 5 000 nouvelles décisions de cession à la Conservation de la Propriété Foncière et des Hypothèques, portant à 16 811 le nombre total de dossiers traités en moins de cinq mois. Quatorze fois le volume de toute l’année 2025.

Un titre foncier entre les mains : pour des milliers de Gabonais, c’est la fin d’une longue attente. © GabonReview/Illustration IA

 

Deux institutions sont au cœur de cette opération. La Société nationale immobilière (SNI) contribue à hauteur de 3 800 actes, concernant des acquéreurs de logements dans ses lotissements dont les titres de propriété étaient bloqués depuis plusieurs années, ainsi que des familles gabonaises établies dans son emprise foncière.

Les 1 200 actes restants émanent de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC). Il s’agit de décrets à titre définitif antérieurs à la création de l’Agence ou de demandes régulièrement déposées auprès de ses directions provinciales, et qui étaient toutes en attente de traitement depuis de nombreuses années.

Trois vagues, une cadence inédite

La transmission de ce 22 mai 2026 est la troisième d’une série engagée dès l’entame de l’année. Le 9 février dernier, une première salve de 5 224 décisions avait marqué le lancement opérationnel de la Régularisation foncière de masse (RFM). Le 28 avril, une deuxième vague de 6 587 dossiers supplémentaires était venue confirmer que la dynamique n’était pas conjoncturelle, mais bien l’expression d’une volonté politique affirmée.

Le bilan cumulé couvre aussi bien le Grand-Libreville que l’ensemble des provinces. Et un seul chiffre suffit à mesurer l’ampleur de la rupture : ce qui prenait un an à produire se fait désormais en quelques semaines.

Un titre foncier, une vie qui change

Détenir un titre foncier, ce n’est pas qu’une formalité administrative. C’est pouvoir accéder au crédit bancaire, transmettre son bien en héritage en toute légalité, se prémunir contre les litiges de voisinage et, surtout, être reconnu par l’État comme propriétaire légitime de son logement. Des droits dont beaucoup de Gabonais étaient privés non par manque de bonne foi, mais faute de traitement de leurs dossiers.

Les équipes du ministère du Logement affirment vouloir maintenir ce rythme sur la durée. La Régularisation foncière de masse n’est donc pas un simple exercice de rattrapage statistique : elle traduit un engagement de l’État envers les citoyens les plus longtemps tenus à l’écart d’un droit fondamental, celui d’être chez soi, en bonne et due forme.

 

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