À la veille de la visite d’Oligui Nguema à Paris, un député français dresse un sombre tableau du Gabon
Dans la même question écrite qui conteste l’entrée du Gabon au capital d’Eramet, le député Arnaud Le Gall (LFI-NFP) brosse le portrait d’un pays en proie à un «tournant autoritaire» et à une grave crise sociale. Un réquisitoire qui vise autant Libreville que le silence prêté à Paris, à trois semaines de la visite d’État du 20 juillet.

Oligui Nguema et Emmanuel Macron à Nairobi, le 10 mai 2026, en marge d’Africa Forward : l’état de la relation franco-gabonaise est au cœur de la question posée par le député Arnaud Le Gall. © L’Union.Sonapresse
Adressée au ministre de l’Europe et des affaires étrangères, la question publiée au Journal officiel du 30 juin déploie, on l’a vu (lire «Recapitalisation d’Eramet»), un volet économique nourri. Mais elle s’ouvre sur un registre plus politique, celui des libertés et de la situation sociale.
D’emblée, une réserve s’impose : le texte parle d’«autorités de transition» et de «président de la transition», vocabulaire que les faits ont périmé. La transition est close et Brice Clotaire Oligui Nguema gouverne en président élu, situant d’entrée la grille de lecture du député dans un Gabon qui n’existe plus institutionnellement.
Le procès d’un «tournant autoritaire»
L’accusation tient en une formule : un «tournant autoritaire préoccupant». Le Gall l’étaye par la détention de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, qu’il dit «arbitraire» et qui durerait depuis le 16 avril, et par une série de restrictions : interdiction des manifestations, durcissement du code de la nationalité, suspension des réseaux sociaux depuis février.
Plusieurs de ces griefs appellent la contradiction. La détention de l’ancien chef du gouvernement, mis en cause pour escroquerie, est présentée par les autorités comme une procédure judiciaire, non comme une mesure politique. Quant à la suspension des réseaux sociaux, bien réelle, elle a été décidée par la Haute autorité de la communication (HAC), que l’exécutif qualifie d’autonome, et doit s’achever après le vote d’un cadre législatif. L’imputer «au pouvoir» tranche un débat que Libreville pose en d’autres termes.
Une crise sociale aux chiffres alarmants
Le second front est social. Le parlementaire décrit une chute du pouvoir d’achat, un chômage qui frapperait plus de 30 % des jeunes, une multiplication des sans-abris imputée à des démolitions sans relogement, et un accès à l’eau réservé à la moitié de la population. Il avance enfin un chiffre saisissant : 18 000 décès dans les hôpitaux du pays en dix mois de 2025.
Ces données, qu’il conviendrait de sourcer avant toute reprise, demeurent les siennes. Elles rejoignent toutefois des préoccupations que le chef de l’État ne nie pas : interrogé le 2 juin sur France 24 sur l’eau et l’électricité, Oligui Nguema reconnaissait un problème qu’il dit avoir «à cœur». Le désaccord porte moins sur l’existence des difficultés que sur leur ampleur et sur les responsabilités.
Reste le point d’aboutissement : la France. Le Gall redoute que la visite du 20 juillet ne donne le «sentiment» que l’Élysée cautionne le régime. L’argument bute sur un fait têtu : cette visite d’État a été annoncée par Oligui Nguema lui-même, se félicitant d’un climat bilatéral «au beau fixe». En cherchant à embarrasser Paris, le député met surtout en lumière la solidité d’une relation que nul ne paraît disposé à fragiliser.















1 Commentaire
Le narratif d’un certain microcosme hexagonal ne peut guère surprendre, jouisseur impénitent d’un statuquo que la morale et l’éthique qu’il essaime à tout vent pour faire prospérer un hégémonisme à l’agonie fait beaucoup de peine pour les nostalgiques de l’époque « banania y’a bon » bel et bien révolu.
Le jeune deputaillon insulte l’intelligence des gabonaises et des gabonais qui ont voté pour leur toute première fois depuis l’érection de la république gabonaise, leur président, mettant ainsi un terme aux pratiques très très démocratiquement amorales de nomination par le chef gaulois, à l’instar de celui qu’a servi l’actuel repris de justice et protégé de Legall, naguère premier ministron d’un président élu par Sarkozy ci-devant également repris de justice, pour l’information du deputaillon ce compatriote a été rattrapé par ses faits d’armes tout autant que l’est désormais sarko….voila les vraies républiques CQFD