Affaire Bilie-By-Nze : Me Nguia invoque et dénonce un «dossier politique» visant son éligibilité
Les avocats de l’ancien Premier ministre et président d’Ensemble pour le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie-By-Nze, ont livré, ce mercredi 17 juin 2026, une nouvelle analyse sur la procédure judiciaire visant leur client, détenu à la prison centrale de Libreville dans le cadre d’une affaire portant sur une somme de 5 millions de francs CFA. Représentée par Me Thierry Nguia, la défense a présenté les derniers développements du dossier tout en contestant la qualification donnée à cette affaire. Pour les conseils de l’opposant, cette procédure ne relèverait pas d’un différend privé, mais d’un dossier à forte dimension publique et politique et viserait à l’écarter du débat public et à compromettre son éligibilité.

Maître Thierry Nguia accompagné des responsables d’EPG, Théophile Makita Niembo et de Frederic Mavioga le 17 juin 2026, à Libreville. © GabonReview
Après leur sortie du 5 juin dernier, les avocats de l’ancien Premier ministre gabonais Alain-Claude Bilie-By-Nze, également président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG), sont, de nouveau montés au créneau, le 17 juin, pour apporter des précisions sur l’incarcération de leur client à la maison d’arrêt de Libreville. Me Thierry Nguia, accompagné de Théophile Makita Niembo et de Frederic Mavioga ; des hiérarques de la formation politique de l’ex-chef du gouvernement a dressé un tableau juridique et politique d’une affaire qu’ils jugent profondément viciée. Il a situé au cœur de leur argumentation, la nature du dossier qu’ils contestent fermement comme étant «privée», insistant au contraire sur son caractère «proprement public» et éminemment politique.
«Il ne s’agit pas d’une affaire privée. C’est une fête nationale organisée par le ministère de la Culture du gouvernement gabonais»
Comme lors des précédentes déclarations, dans l’argumentaire de la défense figure d’abord la question de la prescription des faits reprochés. Selon maître Thierry Nguia, les événements à l’origine de la procédure remontent à 2008, soit près de deux décennies avant l’engagement des poursuites. «Le délai légal pour déclencher l’action publique est désormais dépassé. En droit, on dit que les faits sont prescrits», a-t-il déclaré, estimant que cette situation devrait empêcher toute poursuite contre son client. L’avocat s’est également interrogé sur l’application des principes juridiques dans cette affaire. «Pourquoi ce principe général de droit ne s’appliquerait-il pas à notre client, à monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze ?», a-t-il questionné.

© GabonReview
La défense a surtout insisté sur le caractère public de l’affaire, rejetant l’idée d’un simple conflit entre deux personnes. Maître Thierry Nguia a rappelé que les 5 millions de francs CFA concernés auraient été avancés dans le cadre de l’organisation de la Fête des cultures ; un événement initié par les autorités publiques, notamment du ministère de la Culture. «Il ne s’agit pas d’une affaire privée. C’est une fête nationale organisée par le ministère de la Culture du gouvernement gabonais», a-t-il expliqué. Selon lui, les dépenses engagées relevaient d’un événement républicain, avec un Comité d’organisation chargé de préparer une manifestation publique, et non d’une opération personnelle ou familiale. «Ce n’était pas pour un mariage coutumier ou je ne sais pas quoi à titre privé. C’était une fête républicaine», a-t-il insisté.
L’écarter du débat public et compromettre son éligibilité
L’avocat a également développé la thèse selon laquelle la procédure aurait une motivation politique, évoquant les conséquences possibles sur l’avenir politique de son client. «L’objet de cette conférence de presse est de faire le point sur cette affaire dont le caractère politique est évident en raison des dysfonctionnements procéduraux», a fait savoir maître Nguia. Pour la défense, l’incarcération de l’ancien chef du gouvernement viserait notamment à l’écarter du débat public et à compromettre son éligibilité. «Sur le plan juridique, il n’y a rien et, sur le plan judiciaire, pareillement, il n’y a rien. Que reste-t-il ? La vraie nature de cette affaire, c’est-à-dire une affaire politique», a-t-il soutenu.
Les avocats ont dénoncé plusieurs irrégularités qu’ils considèrent comme des atteintes aux droits de leur client, notamment le fait qu’Alain-Claude Bilie-By-Nze n’aurait toujours pas été entendu par le juge d’instruction plusieurs semaines après son placement en détention. «On ne peut pas vous avoir placé en détention et, près de 55 jours plus tard, ne vous avoir jamais entendu», a déploré l’avocat. La défense a annoncé avoir saisi les juridictions compétentes et appelé les autorités judiciaires à garantir le respect des règles de procédure. Elle réclame la libération immédiate de l’ancien Premier ministre, estimant que la procédure engagée contre lui serait «nulle» et que son client serait détenu pour des raisons davantage politiques que judiciaires et pour l’empêcher d’être éligible à l’avenir.















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