Débouté le 25 juin dernier par le Tribunal judiciaire de Paris, E-Doley Finance ne s’avoue pas vaincue. Dans un communiqué diffusé le 11 juillet, la fintech gabonaise annonce avoir interjeté appel et récuse point par point la lecture du jugement faite par le groupe BGFIBank, qui s’était félicité de cette décision le 6 juillet. «L’affaire n’est pas terminée», affirme l’entreprise, qui pose une question qu’elle veut centrale : «qui a réellement créé BGFI Mobile ?»

Dans un communiqué diffusé le 11 juillet 2026, E-Doley Finance annonce avoir interjeté appel du jugement rendu à Paris le 25 juin. © Montage GabonReview

 

Le communiqué s’attaque d’abord à l’interprétation du jugement parisien. Selon E-Doley Finance, «le Tribunal n’a pas comparé les logiciels ; il n’a jamais dit que BGFI Mobile était une création de la banque, et ne lui a donné raison sur rien». La fintech soutient que la banque a «bénéficié d’une démonstration jugée incomplète à ce stade sur deux points techniques», et non «d’une démonstration contraire». «C’est là toute la nuance», insiste-t-elle, rappelant que la Cour d’appel de Paris «rejugera l’intégralité de l’affaire, en fait et en droit». Cette même Cour relevait dès 2020, selon le communiqué, que la solution e-Doley Cash avait été conçue par la fintech «avant toute relation avec le groupe bancaire».

Expertises, prestataires introuvables et sommations sans réponse

Sur le fond, E-Doley Finance avance ce qu’elle présente comme «trois faits». Elle rappelle que «deux expertises judiciaires ont conclu à des taux de similitude allant jusqu’à 100 % sur certaines composantes entre les deux solutions». Leur annulation en 2021, précise le communiqué, ne portait pas sur leur contenu mais reposerait sur des pièces que la fintech «dénonce devant les juges comme fabriquées pour les besoins de la cause» ; un recours en révision serait en cours. C’est d’ailleurs pour n’avoir pas signalé cette annulation dans ses premières écritures que le Tribunal a retenu une procédure abusive, «une décision qui ne porte pas sur le fond et qui est frappée d’appel comme le reste», indique l’entreprise.

E-Doley Finance met également en cause les réponses de la banque sur l’origine de BGFI Mobile : «l’un des prestataires désignés n’existe dans aucun registre du commerce, un autre a été créé après les faits qu’il aurait accomplis». Et d’ajouter que «malgré les sommations d’huissier réitérées depuis plus de dix-huit mois, le groupe bancaire n’a jamais produit les documents contractuels et techniques qui permettraient d’établir les faits». Une formule résume la position de l’entreprise : «une entreprise change de fournisseur ; elle ne change pas d’auteur».

Un litige toujours pendant dans trois pays

E-Doley Finance rappelle enfin que le contentieux se poursuit sur plusieurs fronts : la contrefaçon à Paris, le volet commercial à Libreville puis à Abidjan, devant la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) de l’OHADA. Cette répartition aurait été «fixée dès 2020 par un arrêt définitif et exécutoire au Gabon, que la banque n’a jamais contesté». La fintech relève au passage que le groupe bancaire, «après six ans passés à dénier la compétence du juge commercial devant les juridictions gabonaises», vient de l’admettre «publiquement, irrévocablement» en se félicitant d’un jugement parisien.

Le communiqué mentionne aussi une décision de la Cour d’appel judiciaire de Libreville du 18 mars 2026, qui aurait retenu «qu’une opération de nature commerciale avait bien réuni les parties», un point présenté comme définitif. Notant que la communication de BGFIBank intervient «quelques semaines après l’introduction en bourse du groupe bancaire», E-Doley Finance conclut en appelant à «un débat loyal, sur des pièces authentiques et vérifiables, produites par toutes les parties». Sollicité par GabonReview, le groupe BGFIBank n’a souhaité commenter ni le droit de réponse ni le communiqué d’E-Doley Finance.

 
GR
 

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