Avant de faire entrer les bus de Libreville dans l’ère du numérique, la Compagnie nationale de transport veut s’assurer de ne rien casser sur son passage. Elle veut digitaliser l’accès à ses bus, mais entend d’abord sécuriser la collecte des données personnelles des usagers. Une démarche engagée auprès de l’Autorité de protection des données personnelles et de la vie privée (APDPVP).

Un moment de la rencontre entre les responsables de la CNT et l’APDPVP, le 3 septembre 2026. © D.R.

 

Digitaliser sans dérailler sur les données personnelles : c’est le pari que la Compagnie nationale de transport (CNT) a soumis à l’Autorité de protection des données personnelles et de la vie privée (APDPVP), rencontrée ces derniers jours. En jeu, une carte de transport personnalisée, pensée pour fluidifier le paiement et l’accès aux bus, sans jamais perdre de vue la protection des informations collectées.

Cet échange s’inscrit dans un mouvement plus large : celui d’une compagnie qui prépare, méthodiquement, la digitalisation de plusieurs de ses services. « Après la signature du traité de fusion, nous sommes venus voir l’Autorité des données à caractère privé pour recueillir des orientations », explique Christian Tchemambele, responsable au sein de la compagnie. Avant tout déploiement, l’opérateur entend d’abord connaître les procédures et exigences réglementaires applicables à la collecte et au traitement des données personnelles.

Le respect des droits des citoyens, une exigence ministérielle

À terme, le dispositif devrait permettre de proposer des cartes adaptées aux différentes catégories d’usagers. Élèves, étudiants et travailleurs pourraient notamment disposer de titres de transport spécifiques, selon leurs profils et leurs besoins. « Nous attendons qu’ils nous disent exactement quelle démarche entreprendre pour une pareille activité », a indiqué Florant Bakita, également responsable à la CNT, mettant en avant la nécessité d’un dispositif à la fois efficace et sécurisé.

Au-delà de la simple dématérialisation du paiement, la CNT entend donc faire de la protection des données un préalable à cette transformation. « Le ministre d’État a tellement insisté pour que nous respections le droit des citoyens », a rappelé Florant Bakita, soulignant la volonté de la compagnie de se conformer aux exigences liées à la vie privée. L’enjeu est notamment d’éviter que la modernisation du transport ne se fasse au détriment des droits des usagers.

Avec ce projet, la CNT ambitionne ainsi de franchir une nouvelle étape dans la modernisation du transport public à Libreville. Carte personnalisée, paiement digitalisé et accès sécurisé pourraient progressivement modifier les habitudes des voyageurs. Reste désormais à obtenir l’ensemble des orientations réglementaires nécessaires avant le lancement effectif de l’enrôlement.

 
GR
 

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