La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a confirmé, le 28 septembre à Yaoundé, au Cameroun, une politique monétaire de stabilité, en maintenant inchangés ses taux directeurs à l’issue de la troisième session ordinaire de son Comité de politique monétaire (CPM) pour l’année 2026.  Sous la conduite du gouverneur, Yvon Sana Bangui, président du CPM, l’instance a arbitré entre un environnement international plus tendu et des fondamentaux régionaux résilients, mais marqués par un ralentissement de la croissance.

Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, président du CPM, et ses collaborateurs s’adressant en visioconférence aux journalistes de la Cemac. © GabonReview

 

Réuni le 28 septembre à Yaoundé, au Cameroun, sous la présidence de Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), le Comité de politique monétaire (CPM) a tenu sa troisième session ordinaire de l’année 2026. Les échanges ont porté sur les perspectives économiques internationales et sous-régionales, ainsi que sur la situation du système financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). À l’échelle mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) anticipe un ralentissement de la croissance à 3,0 % en 2026, contre 3,5 % en 2025, notamment sous l’effet des tensions géopolitiques.

Au terme des travaux, les décisions du CPM s’appuient sur un diagnostic nuancé. Au plan mondial, en effet, le FMI table sur une croissance de 3,0% en 2026, en repli face aux «tensions géopolitiques», tandis qu’en zone Cemac, les services de la BEAC prévoient 3,0% de croissance, contre 3,7% en 2025.  L’inflation reste maîtrisée à 2,2% en moyenne annuelle, sous la norme communautaire, et les déséquilibres externes et budgétaires se réduisent, avec un déficit budgétaire ramené à 3,3% du PIB et un déficit courant amélioré à 2,8% du PIB.  

Consolider les acquis de stabilité des prix et des réserves de change

© GabonReview

Dans ce contexte, le gouverneur a justifié le statu quo monétaire par la nécessité de «contenir les prix» tout en accompagnant l’activité, dans un cadre où la masse monétaire progresserait de 10,6% et où la couverture extérieure de la monnaie atteindrait 72,4%, contre 65,2% l’an passé. 

Concrètement, le CPM a maintenu le taux des appels d’offres à 4,50%, le taux du prêt marginal à 5,75%, le taux de dépôt à 0,00%, ainsi que les coefficients de réserves obligatoires à 6,50% sur les exigibilités à vue et 4,00% sur celles à terme. Ces choix, présentés lors de la conférence de presse du gouverneur, visent à consolider les acquis de stabilité des prix et des réserves de change -attendues à 4,53 mois d’importations- tout en laissant aux États membres de la marge pour poursuivre l’assainissement budgétaire et soutenir une croissance encore fragile.

 
GR
 

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