GEF 2026 : la FEG réclame un audit de la CNAMGS et soumet à l’État un plan d’apurement de la dette intérieure
La deuxième édition du Gabon Economic Forum s’est tenue le samedi 27 juin à la Cité de la Démocratie de Libreville, pour la première fois organisée et financée par le seul secteur privé. Au terme d’une journée de travaux articulée autour de huit ateliers, la Fédération des Entreprises du Gabon (FEG) a porté deux propositions de fond à l’adresse des pouvoirs publics : un audit de la CNAMGS et un programme de remboursement de la dette intérieure.

Le président de la FEG, Alain-Claude Kouakoua, a réclamé un audit de la CNAMGS et soumis un plan d’apurement de la dette intérieure, samedi au GEF 2026. © GabonReview
Placé sous le thème «Des entreprises fortes pour une croissance durable et une prospérité partagée», le forum entendait franchir le pas «du diagnostic à l’action» revendiqué de longue date par le patronat. Sur ce terrain, le président de la FEG, Alain-Claude Kouakoua, a joint le geste à la parole en avançant des mesures précises plutôt que de simples constats.
Deux propositions concrètes du patronat

Le GEF 2026 en quelques images, samedi à la Cité de la Démocratie. En haut, Alexandre Barro Chambrier, vice-président du gouvernement, seul représentant de la puissance publique au forum. © Montage GabonReview
La plus marquante concerne la CNAMGS. Devant les représentants de l’État, Alain-Claude Kouakoua a réclamé un audit de la caisse, qu’il a jugée non fiable en l’état actuel. La demande est lourde de sens : elle émane de l’organisation qui fédère plus de 1 000 entreprises, soit près de 90 % de l’emploi formel, et place la fiabilité de l’organisme d’assurance maladie au cœur du dialogue public-privé.
Le patron des patrons a par ailleurs annoncé avoir soumis à l’État un programme de remboursement de la dette intérieure, dont l’encours dépassait 4 340 milliards de FCFA fin 2025. Là encore, la FEG ne se contente plus de réclamer l’apurement : elle propose une méthode. Reste à savoir si ce programme est chiffré, assorti d’un échéancier, et quelle suite l’État entend lui donner.
L’État promet de payer «à la bonne date»
Côté public, c’est le vice-président du gouvernement, Alexandre Barro Chambrier, qui représentait la puissance publique. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, sous le très haut patronage duquel le forum était placé, n’a pas pris part à la rencontre, pas plus que le ministre de l’Économie.
Dans son intervention, Alexandre Barro Chambrier a appelé à une FEG solide et structurée, présentée comme un moteur de la croissance, et a engagé l’État à rendre les entreprises plus attractives et à régler ses factures à la bonne date. Cet engagement de paiement fait écho à la règle des 90 jours que les autorités s’étaient fixée pour les marchés publics. Il constitue, à lui seul, un marqueur vérifiable : c’est à l’aune de ce respect des délais que se mesurera, dans les faits, la confiance affichée samedi.
Du diagnostic à l’exécution, le test reste à venir
Les conclusions des huit ateliers doivent être consolidées dans une «Déclaration de Libreville du secteur privé» et une feuille de route de suivi, dont la FEG assurera le suivi. En clôture, la fédération s’est engagée à hiérarchiser, documenter et examiner régulièrement les recommandations retenues, autour d’un calendrier et de responsabilités identifiées.
C’est précisément sur ce point que le forum sera jugé. La première édition, en 2025, avait débouché sur un corps de recommandations dont les responsables et les échéances n’avaient jamais été renseignés. En se donnant rendez-vous l’an prochain «pour mesurer les progrès accomplis», la FEG accepte elle-même le principe de cette évaluation. Le Forum s’est achevé ; le travail de vérification, lui, commence.















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