Guinée-Bissau : le Gabon salue l’adoption de la nouvelle Constitution, approuvée à 70 %
70 % de « Oui », 63 % de participation : la Guinée-Bissau vient de tourner une page institutionnelle majeure, un mois après une junte militaire encore installée au pouvoir. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a salué, le 4 septembre, l’adoption de la nouvelle Constitution bissau-guinéenne, à l’issue du référendum organisé le 30 août. Dans un message adressé au général de division Horta Inta-A Na Man, président de la Transition bissau-guinéenne, le chef de l’État a exprimé la « profonde satisfaction » du Gabon face à cette étape institutionnelle, en félicitant les autorités de Bissau pour la tenue pacifique du scrutin.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema et le président de la Transition bissau-guinéenne, le général de division Horta Inta-A Na Man, lors de son séjour à Libreville. © D.R.
Selon les résultats provisoires annoncés par la Commission nationale électorale (CNE) de Guinée-Bissau, le « Oui » a recueilli 383 116 voix, soit environ 70 % des suffrages exprimés, contre 160 954 pour le « Non », avec une participation de 63 %. Cette réforme constitutionnelle entend profondément remodeler le fonctionnement des institutions, en faisant évoluer le pays d’un régime semi-parlementaire vers un système présidentiel renforcé.
« Une réelle avancée vers des élections libres, transparentes et apaisées »
C’est dans un communiqué de la présidence, daté du 4 septembre, que le Gabon a choisi de saluer ce scrutin. Le texte y voit « un acte fort qui ouvre la voie à une gouvernance plus stable et plus inclusive », une formule reprise par le président Oligui Nguema lui-même, qui a souligné que « ce référendum marque une réelle avancée vers des élections libres, transparentes et apaisées ».
Dans sa déclaration, le Gabon a réaffirmé « l’attachement aux principes démocratiques et au respect des processus de transition », tout en renouvelant sa disponibilité à « poursuivre et à renforcer la coopération fraternelle » avec Bissau, « dans un esprit de solidarité africaine et de partage d’expérience ». Le communiqué insiste également sur le « sens de responsabilité du peuple bissau-guinéen qui a exprimé sa volonté souveraine dans la paix » et salue « le leadership du président de Guinée-Bissau et son engagement en faveur de la transition et du retour à l’ordre constitutionnel ». Libreville formule par ailleurs le vœu que ce nouveau cap constitutionnel conduise la Guinée-Bissau vers des échéances électorales « libres, transparentes et inclusives », dans l’intérêt de l’ensemble du peuple bissau-guinéen.
Contestée par certains partis et organisations de la société civile
Cette nouvelle Constitution prévoit notamment la réduction du nombre de parlementaires de 102 à 65 et confère au président de la République le pouvoir de nommer ou de révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement. Une transformation contestée par certains partis et organisations de la société civile, qui avaient appelé au boycott du référendum.
Cette séquence intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la Guinée-Bissau, marquée par une longue histoire d’instabilité politique. Une junte militaire a pris le pouvoir en novembre 2025, après la chute du président Umaro Sissoco Embalo, à la veille de la proclamation des résultats de la présidentielle et des législatives. Conduite par le général Horta Inta-A Na Man, la Transition s’est engagée sur la voie d’un retour à l’ordre constitutionnel, avec une présidentielle annoncée pour le 6 décembre 2026.
Attachement du Gabon aux principes démocratiques
Le soutien du Gabon a, en effet, une dimension particulière au regard des échanges récents entre les deux pays. Au lendemain du 66e anniversaire de l’indépendance du Gabon, le général Horta Inta-A Na Man avait été reçu, le 18 août, à Libreville par Brice Clotaire Oligui Nguema. Les deux dirigeants avaient alors évoqué le référendum constitutionnel, la paix et la stabilité régionale, mais aussi le renforcement de la coopération dans la biodiversité, le climat et la formation de la jeunesse.
Fort de sa propre expérience de transition et de retour à l’ordre constitutionnel, Libreville entend ainsi accompagner Bissau dans cette nouvelle phase, dans un esprit de solidarité africaine et de partage d’expérience.
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