À l’occasion de la Journée internationale des veuves, célébrée chaque 23 juin et instituée par l’Assemblée générale des Nations-Unies en décembre 2010, la Direction générale de la protection de la veuve et de l’orphelin a dressé le bilan de ses activités et rappelé ses missions. Au cours d’une conférence organisée ce mardi 23 juin 2026 au siège du ministère des Affaires sociales à Libreville, sa directrice générale, Pamela Barbe Virginie Koumba épouse Nwabyt, a révélé qu’environ 17 280 conjoints ont été accompagnés entre 2024 et 2025.

La directrice générale de la Protection de la veuve et de l’orphelin lors de son allocution, le 23 juin 2026 au ministère des Affaires sociales à Libreville. © GabonReview

Placée sous le thème «Citoyenneté et accès aux droits», cette 16ᵉ édition de la Journée internationale des veuves a été l’occasion pour la directrice générale de la Protection de la veuve et de l’orphelin, rattachée au ministère des Affaires sociales, chargé de la Protection de l’enfance et de la femme, de sensibiliser les populations sur les dispositifs d’accompagnement existants et d’inviter les personnes concernées à se rapprocher de ses services. « Pour cette 16ᵉ édition, nous avons choisi de placer le capital humain au centre de nos actions à travers des activités de citoyenneté, notamment des formations destinées aux responsables des associations œuvrant dans la protection des veuves et des orphelins ainsi qu’aux collaborateurs chargés de l’écoute, de l’orientation et de l’accompagnement de nos bénéficiaires », a expliqué Pamela Barbe Virginie Koumba épouse Nwabyt.

De ce fait, les formations porteront principalement sur les droits civils de la famille, notamment les régimes matrimoniaux, les options matrimoniales et les règles successorales.

La responsable de la direction a également détaillé les différents profils reçus au sein de son administration. « Nous accueillons une grande diversité de personnes. Certaines viennent chercher des informations avant même de contracter un mariage afin de mieux comprendre les conséquences juridiques des différents régimes matrimoniaux. Nous recevons également des veuves légalement mariées, des veuves issues de mariages coutumiers ainsi que des femmes vivant en concubinage avec des enfants », indique-t-elle

Face aux nombreux litiges successoraux signalés, la Direction générale privilégie d’abord la médiation. «Nous organisons des réunions afin de parvenir à un consensus et de faire appliquer le droit. Nous sommes également confrontés à des cas de spoliation d’héritage, de détournement de biens, de salaires ou d’avoirs bancaires. Tous ces actes sont réprimés par la loi», a rappelé Mme Koumba épouse Nwabyt.

Une hausse des sollicitations

Des agents de la protection de la veuve et de l’orphelin en plein travail. © GabonReview

Selon les chiffres présentés, 12 920 conjoints, veufs et veuves confondus, ont été enregistrés en 2024. Ce nombre a connu une progression significative en 2025, portant à environ 17 280 le nombre total de personnes accompagnées sur les deux années.

La responsable a toutefois précisé que les bénéficiaires ne sont pas uniquement des personnes en situation de précarité. «Beaucoup viennent simplement solliciter une orientation ou des conseils juridiques», a-t-elle souligné.

Pour bénéficier de l’accompagnement de la Direction générale de la protection de la Veuve et de l’Orphelin, les demandeurs doivent adresser une requête au ministre ou au secrétaire général du ministère, accompagnée d’une pièce d’identité, d’un acte de décès, d’un acte de mariage ainsi que des actes de naissance des enfants concernés. En l’absence de certains documents, notamment dans les situations de violence ou de conflits familiaux, les services compétents peuvent engager des démarches de médiation et de vérification.

Un thème qui interpelle

Dans son mot pour la circonstance, la ministre des Affaires sociales, chargé de la Protection de l’enfance et de la Femme, Armande Longo épouse Moulengui, a souligné la portée du thème retenu cette année. « Être citoyenne, c’est connaître ses droits et pouvoir les faire valoir. C’est accéder à la justice, aux pensions et aux prestations sociales sans humiliation ni détour », a-t-elle déclaré.

Elle a par ailleurs annoncé plusieurs actions prévues en 2026, notamment des formations juridiques et administratives, une immersion au Tribunal de Libreville afin de mieux comprendre le circuit des successions, la vulgarisation du Guide juridique des héritiers légaux ainsi que des actions de solidarité en faveur des veuves vivant dans une situation d’extrême précarité à Libreville.

Thécia Nyomba

 
GR
 

0 commentaire

Be the first one to leave a comment.

Post a Comment