Loi de finances 2027 : 40,53 milliards de FCFA pour les Eaux et Forêts, l’Environnement en baisse
Le projet de loi de finances 2027 prévoit 40,53 milliards de FCFA pour la mission « Eaux et Forêts », contre 3,73 milliards pour le ministère de l’Environnement et du Climat. Auditionnés le 24 octobre à l’Assemblée nationale, les deux départements ont été interpellés sur les conflits homme-faune, les risques de pollution industrielle et la réhabilitation de l’École nationale des eaux et forêts (ENEF).

À l’occasion de l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2027, les ministres Stanislas Stephen Mouba Olouna (à gauche) et Maurice Ntossui Allogho ont été auditionnés, le 24 octobre 2026 par les députés. © Presse Assemblée nationale
Les besoins budgétaires des administrations chargées de la protection de l’environnement et de la gestion des ressources forestières ont été au cœur des auditions parlementaires du samedi 24 octobre 2026. À l’occasion de l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2027, les ministres Stanislas Stephen Mouba Olouna et Maurice Ntossui Allogho ont défendu les enveloppes sollicitées pour leurs départements respectifs.
Le contraste est notable : alors que le budget général de la mission « Eaux et Forêts » progresse sensiblement, celui de l’Environnement et du Climat enregistre un recul.
Les Eaux et Forêts voient leurs crédits presque doubler
Les crédits prévus pour la mission « Eaux et Forêts » atteignent 40,53 milliards de FCFA en 2027, contre 22,24 milliards en 2026, soit une hausse de 18,29 milliards de FCFA. Cette progression s’explique notamment par la mobilisation de financements extérieurs estimés à près de 13,5 milliards de FCFA, destinés à soutenir de nouveaux projets.
À l’inverse, le ministère de l’Environnement et du Climat, récemment détaché du ministère des Eaux et Forêts, devra composer avec 3,73 milliards de FCFA, contre 4,70 milliards dans la loi de finances rectificative de 2026. Cette diminution de près de 21 % est notamment liée au transfert de la gestion du conflit homme-faune vers le ministère des Eaux et Forêts.
Pollutions et conflits homme-faune au banc des questions
Les députés ont toutefois rappelé que les ambitions budgétaires devront se traduire par des réponses concrètes aux préoccupations des populations. L’honorable Joséphine Okome Mba, épouse Obiang Ndong, a notamment alerté sur les dégâts persistants des éléphants dans les plantations villageoises, malgré l’installation de clôtures électriques.
La réhabilitation de l’ENEF, établissement stratégique pour la formation des professionnels du secteur, a également été évoquée. Les élus attendent un calendrier précis, un financement identifié et un dispositif de suivi des travaux.
De son côté, James David Nkoma Lawson a interpellé le gouvernement sur les risques de pollution liés aux activités pétrolières à Port-Gentil. Les incidences environnementales de l’extension de la Baie des Rois, ainsi que les émissions de poussières attribuées à la société Megador à Marseille 2, dans la commune d’Akanda, ont également suscité des inquiétudes.
Des engagements attendus sur le terrain
Face à ces préoccupations, le renforcement des inspections, le contrôle des rejets industriels et le suivi de la qualité des eaux et de l’air figurent parmi les leviers avancés. Les parlementaires attendent également une meilleure prévention des conflits homme-faune et des avancées tangibles dans la réhabilitation de l’ENEF.
Au-delà des montants inscrits au PLF 2027, l’enjeu sera donc de transformer les crédits annoncés en résultats mesurables, conciliant préservation des écosystèmes, valorisation du patrimoine forestier et protection des activités des populations.
















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