Intervenant au nom des pays de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) lors d’une conférence de haut niveau organisée, le 24 juin 2026, au Luxembourg avec la Banque européenne d’investissement (BEI), l’ambassadeur du Gabon près le Benelux, Régis Immongault Tatangani, a appelé à un changement de paradigme dans l’exploitation des matières premières critiques. Prenant le Gabon en exemple, le diplomate a défendu un modèle fondé sur la transformation locale des ressources, la montée en gamme industrielle et des partenariats internationaux plus équilibrés.

L’ambassadeur du Gabon près le Benelux, Régis Immongault Tatangani, lors de son intervention, le 24 juin 2026. © D.R.

 

À l’heure où les matières premières critiques s’imposent comme un enjeu central de la transition énergétique et de l’industrialisation verte, le Gabon plaide pour une nouvelle approche de leur exploitation. C’est le message porté mercredi par l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Gabon près le Benelux et représentant permanent auprès de l’Union européenne et de l’OEACP, Régis Immongault Tatangani, lors d’une conférence de haut niveau organisée au Luxembourg dans le cadre du partenariat entre l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) et la Banque européenne d’investissement (BEI).

S’exprimant au nom des États membres de l’OEACP, le diplomate a estimé que la hausse soutenue de la demande mondiale en minerais stratégiques, alimentée par les besoins de la transition énergétique, des technologies émergentes et de l’industrie verte, constitue une opportunité majeure pour les pays producteurs. Encore faut-il, a-t-il soutenu, rompre avec le modèle traditionnel d’exportation brute des ressources naturelles.

Sortir du modèle extractif

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« La question centrale demeure : comment transformer l’abondance des ressources naturelles en croissance inclusive, emplois et prospérité durable ? », a interrogé Régis Immongault Tatangani. Selon lui, l’expérience a démontré les limites d’un modèle économique reposant essentiellement sur l’exportation de matières premières non transformées, évoquant notamment le « syndrome hollandais » pour illustrer les déséquilibres que peut engendrer une telle dépendance.

Pour le représentant gabonais, le véritable défi consiste désormais à remonter les chaînes de valeur afin de créer davantage de richesses sur le continent. Cette ambition passe, a-t-il expliqué, par le développement d’une stratégie intégrée allant « de la mine au port », associant les infrastructures énergétiques, ferroviaires, logistiques et industrielles indispensables à la transformation locale des ressources.

Une telle approche suppose, selon lui, une articulation cohérente entre les activités d’extraction, de transformation, de transport et de compétitivité industrielle afin de produire des biens capables de s’imposer sur les marchés internationaux. Elle nécessite également des investissements structurants, des transferts de technologies ainsi qu’un effort soutenu de formation des compétences locales.

Un partenariat économique à réinventer

Dans cette perspective, Régis Immongault Tatangani a plaidé pour un partenariat économique renouvelé entre les États producteurs, les investisseurs privés et les institutions financières internationales. L’objectif, a-t-il indiqué, est de concilier une meilleure captation de la valeur ajoutée par les pays détenteurs des ressources avec un environnement stable et attractif pour les investisseurs.

Le diplomate a ainsi souligné le rôle que peuvent jouer les institutions européennes et internationales dans le financement des infrastructures, le transfert de technologies, l’assistance technique et l’accompagnement des projets industriels structurants.

Le Gabon présenté comme modèle

Prenant le Gabon en exemple, Régis Immongault Tatangani a rappelé que la valorisation des ressources naturelles constitue l’un des axes majeurs de la stratégie de développement nationale impulsée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

« L’avenir appartient aux pays capables de transformer leurs ressources, de maîtriser les chaînes de valeur et de bâtir des partenariats équilibrés au service d’une prospérité partagée », a-t-il affirmé, résumant la vision que Libreville entend promouvoir auprès de ses partenaires internationaux.

À travers cette intervention, le représentant permanent du Gabon auprès de l’Union européenne et de l’OEACP a ainsi défendu une vision où les ressources minières ne constituent plus seulement une source d’exportation, mais un levier d’industrialisation, de création d’emplois et de développement durable pour les économies africaines.

 
GR
 

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