Le Gabon a lancé, ce lundi 26 octobre, son mécanisme de médiation financière, lors d’une cérémonie présidée par Thierry Minko, ministre de l’Économie, des Finances, également président du Comité national économique et financier (CNEF). L’événement s’est déroulé en présence du gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, ainsi que des responsables de la Cobac, de la Cosumaf, de la direction nationale de la BEAC et des représentants des secteurs bancaire, assurantiel et financier. Cette initiative fait du Gabon le premier pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) à opérationnaliser ce dispositif de protection des consommateurs.

Le gouverneur de le BEAC, le ministre de l’Economie, le médiateur financier, les officiels et les participants au lancement de la médiation financière au Gabon, le 26 octobre 2026, à Libreville. © GabonReview

 

Au siège national de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), à Libreville, le Gabon a lancé, le lundi 26 octobre, son mécanisme de médiation financière, présidé par le ministre de l’Économie, Thierry Minko. Gratuit, confidentiel, impartial et rapide, il vise à régler, à l’amiable, les litiges entre usagers et établissements financiers après une première réclamation auprès de l’établissement concerné. Le dispositif couvre les banques et les établissements de microfinance, les paiements, les assurances et les marchés financiers. Il ne sanctionne pas, mais concilie, afin de prévenir les contentieux et restaurer la confiance dans le système financier. 

Offrir aux particuliers et aux entreprises une solution amiable aux différends qui les opposent aux institutions financières

Instituée par le décret, cette réforme répond à un objectif, à savoir offrir aux particuliers et aux entreprises une solution amiable aux différends qui les opposent aux institutions financières. Difficultés d’accès au crédit, contestations de frais, incompréhensions contractuelles ou litiges liés aux opérations de paiement pourront ainsi être examinés par un tiers indépendant, sans recourir systématiquement aux tribunaux. «Le dispositif que nous inaugurons officiellement aujourd’hui n’est pas un tribunal. Il n’a pas vocation à sanctionner, mais à concilier», a rappelé Rodrigue Bissielou, directeur national de la BEAC et Secrétaire général du CNEF.

Quelques clichés du lancement de la médiation financière au Gabon, le 26 octobre 2026, à Libreville. © GabonReview

Le mécanisme couvre trois branches : les établissements de crédit, de microfinance et de paiement ; les compagnies d’assurance ; et les intermédiaires des marchés financiers. Il repose sur quatre principes fondamentaux, à savoir la gratuité pour le demandeur, la confidentialité des échanges, l’impartialité du médiateur et la célérité du traitement des dossiers. Nommé en juin 2026 médiateur auprès du CNEF, Axcèle Saturnin Kissangou-Mouele aura notamment pour mission de favoriser le dialogue, de rechercher des solutions équilibrées et d’identifier les dysfonctionnements récurrents. «La confiance, dit-on, ne se décrète pas. Elle se construit par l’écoute, nos dialogues et des actions concrètes», a-t-il souligné.

Consolidons les fondations d’un système financier et gabonais plus inclusif, plus éthique

Pour Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque centrale, cette avancée dépasse les frontières nationales et participe au renforcement de l’intégration financière communautaire. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’évaluer concrètement les résultats du dispositif, notamment à travers le nombre de saisines, les délais de traitement et le taux d’accords amiables. «La valeur d’un tel dispositif se mesure à ses résultats, non à l’inauguration du jour», a-t-il averti. Déclarant officiellement le mécanisme lancé, Thierry Minko a indiqué qu’«en favorisant le règlement pacifique des litiges, nous consolidons les fondations d’un système financier et gabonais plus inclusif, plus éthique et résolument tourné vers le développement». Il a ensuite appelé les professionnels à adhérer pleinement à cette démarche. «Saisissez cet outil, car il a été conçu pour vous, afin que la complexité technique de la finance ne soit plus jamais un vecteur d’injustice ou d’exclusion sociale», a-t-il dit. 

Pour sa part, le Secrétaire général de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), Marcel Ondélé, a fait savoir que «le Gabon est le premier pays de notre communauté à avoir franchi cette étape décisive en se dotant des médiateurs financiers et du cadre destiné à l’exercice de sa mission». «Monsieur le ministre, le Gabon ne se contente pas d’adhérer à une orientation communautaire. Le Gabon prend ainsi l’initiative d’en rendre l’application concrète», a-t-il soutenu. Outre sa portée juridique, la médiation financière constitue un outil de protection des usagers, d’amélioration des pratiques professionnelles et de consolidation de la stabilité du système financier gabonais.

 
GR
 

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