Rapprocher l’État de ceux qu’il administre : telle est l’ambition d’une réforme institutionnelle que le gouvernement veut emblématique. Le 19 juin, le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, François Ndong Obiang, a présenté et défendu devant la Commission des lois, des affaires administratives et des droits de l’homme de l’Assemblée nationale le projet de loi instituant le Médiateur de la République, Défenseur des droits au Gabon. Une réforme conçue pour moderniser cette autorité administrative, la rendre plus accessible aux citoyens et plus efficace dans la protection de leurs droits.

Le ministre de la Réforme, François Ndong Obiang (à gauche), et le président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale, Brice Constant Paillat, le 19 juin 2026, à Libreville. © Presse Assemblée nationale

 

Introduit par décret, le texte trahit une intention claire : tirer de l’ombre une institution dont l’utilité demeure largement méconnue du grand public. En transformant le Médiateur de la République en Défenseur des droits, l’Exécutif ne se contente pas d’un changement d’enseigne, il ambitionne d’élargir le périmètre de l’institution et de resserrer le lien, souvent distendu, entre l’administration et les administrés. C’est ce texte, appelé à redessiner les contours de ce contre-pouvoir administratif, que les députés ont entrepris d’examiner.

Lors de son exposé des motifs présenté aux députés, François Ndong Obiang a rappelé les avancées réalisées tout en soulignant les limites actuelles de la Médiature. «Malgré des actions importantes dans le règlement des conflits entre l’administration et les citoyens, ou encore la récente coopération sous-régionale avec le Tchad, la Médiature de la République reste encore méconnue du grand public», a-t-il expliqué.

«L’État de droit exige des institutions fortes et fonctionnelles»

Le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions a également mis en avant les difficultés organisationnelles qui affectent le fonctionnement de cette institution, notamment l’absence de certaines structures indispensables. Selon lui, la Médiature «ne disposait plus de services administratifs essentiels tels que le Secrétariat général et ses différentes unités opérationnelles».

Face à ces constats, les députés ont exprimé leur soutien au principe de la réforme tout en demandant des garanties sur son application concrète. L’honorable Justine Lekogo a notamment interrogé le gouvernement sur la capacité du futur Défenseur des droits à être véritablement accessible aux populations de l’intérieur du pays. «Au-delà des mots, comment comptez-vous garantir que le citoyen de l’intérieur du pays, au fin fond de nos provinces, puisse saisir ce ‘’Défenseur des droits’’ ?», a-t-elle questionné.

Les échanges ont également porté sur les moyens nécessaires pour donner une réelle portée à la transformation de cette institution, certains insistant sur l’importance des ressources affectées à cette nouvelle organisation. Pour eux, «l’État de droit exige des institutions fortes et fonctionnelles».

Réagissant à ces préoccupations, François Ndong Obiang a réaffirmé que le projet s’inscrit dans une démarche d’harmonisation avec les standards internationaux : «Nous poursuivons un objectif d’alignement sur les standards de l’ONU, à l’instar des Principes de Paris adoptés en 1993, qui définissent le statut des Institutions nationales des droits de l’Homme». Pour le ministre, cette réforme doit faire de la nouvelle entité «un levier de protection des droits et de rapprochement entre l’État et les populations».

 
GR
 

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