Sécurité aérienne : le Gabon passe son système au crible avant le grand audit de l’OACI
Le Gabon veut renforcer les garanties de sécurité de son aviation civile avant le prochain audit de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). À Libreville, l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) a lancé, ce lundi 22 juin 2026, une mission d’assistance technique chargée d’identifier les faiblesses du dispositif national et de définir les mesures correctives nécessaires. Un exercice stratégique destiné à améliorer les performances du pays et à conforter sa crédibilité dans le secteur aéronautique.

Une scène des travaux, le 22 juin 2026, à Libreville. © Communication ANAC-Gabon
L’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) veut éviter toute mauvaise surprise lors du prochain audit de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). À cet effet, elle a lancé, le 22 juin à Libreville, une mission d’assistance technique destinée à évaluer les forces et les faiblesses du dispositif national de supervision de la sécurité aérienne avant l’inspection internationale.
Sollicitée par le Gabon auprès du Bureau régional Afrique occidentale et centrale (WACAF) de l’OACI, cette mission dite ROST (Regional Office Safety Team) a été officiellement ouverte par le directeur général de l’ANAC, le général de division Éric Tristan Franck Moussavou. La cérémonie a réuni les responsables des administrations concernées, les représentants des acteurs du transport aérien ainsi que les experts de l’organisation internationale.
Un audit blanc avant l’évaluation de l’OACI
Au-delà d’un simple exercice technique, cette mission constitue une étape préparatoire majeure avant l’audit USOAP-CMA de l’OACI, chargé d’évaluer l’efficacité des systèmes nationaux de supervision de la sécurité aérienne. La précédente évaluation du Gabon remonte à 2019.
Durant plusieurs semaines, les experts de l’OACI examineront les principaux piliers du dispositif gabonais : cadre législatif et réglementaire, organisation de l’autorité de l’aviation civile, exploitation technique des aéronefs, navigabilité, délivrance des licences, services de navigation aérienne, gestion des aérodromes, enquêtes sur les accidents, ainsi que le Programme national de sécurité. Les activités de certification, de surveillance et de traitement des problèmes de sécurité feront également l’objet d’une analyse approfondie.
Transparence et diagnostic sans complaisance

Photo de famille des participants. © Communication ANAC-Gabon
À l’ouverture des travaux, le directeur général de l’ANAC a insisté sur la nécessité de conduire cette évaluation «avec transparence et sincérité». Selon lui, il ne s’agit pas seulement de préparer un audit, mais d’établir un diagnostic objectif permettant d’identifier les insuffisances du système national et de définir les mesures correctives nécessaires.
Éric Tristan Franck Moussavou a rappelé que cette démarche bénéficie du soutien des plus hautes autorités de l’État, notamment du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Il a ainsi appelé l’ensemble des administrations et organismes impliqués à collaborer pleinement avec les experts de l’OACI afin que les conclusions de la mission débouchent sur une feuille de route crédible pour renforcer durablement la sécurité de l’aviation civile.
Une feuille de route attendue d’ici septembre
Les experts du Bureau WACAF, Kebba Lamin Jammeh et René Tavarez, ont présenté les objectifs et la méthodologie de cette assistance technique. Selon eux, l’ambition est d’accompagner le Gabon dans le renforcement de son système de supervision de la sécurité, l’amélioration de son cadre réglementaire et la résolution des insuffisances qui pourraient être relevées au cours de l’évaluation. Ils ont par ailleurs salué l’initiative de l’ANAC, qu’ils considèrent comme une illustration de la volonté des autorités gabonaises d’inscrire le secteur dans une logique d’amélioration continue.
Le calendrier des travaux s’étalera jusqu’au mois de septembre. Après cette première séquence consacrée à la législation aéronautique, à l’organisation de l’aviation civile, à l’exploitation des aéronefs et à leur navigabilité, les experts examineront successivement les services de navigation aérienne, les enquêtes sur les accidents, les infrastructures aéroportuaires, la délivrance des licences ainsi que le Programme national de sécurité.
Les conclusions de cette mission seront transmises au gouvernement par le ministre d’État chargé des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi. Elles devraient servir de base aux décisions visant à consolider le système national de supervision de la sécurité aérienne et à permettre au Gabon d’aborder dans de meilleures conditions son prochain audit de l’OACI.















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