Entrepreneuriat : l’ANPI-Gabon, facilitateur ou frein à la création d’entreprises ?
Alors que le gouvernement entend identifier les obstacles à l’initiative entrepreneuriale dans les neuf provinces du pays, beaucoup dénoncent la persistance de difficultés techniques au guichet unique de l’ANPI-Gabon. Ancienne députée et actuelle conseillère municipale du 3ᵉ arrondissement de Libreville, Sylvie Kotha épouse Nzamba s’en est d’ailleurs fait l’écho ce mardi sur Facebook. Il faut dire que cette situation interroge la capacité de la structure dirigée par Ghislain Moandza Mboma à remplir sa mission de facilitation de l’investissement.

© Photomontage GabonReview
Le Gabon veut comprendre pourquoi l’initiative entrepreneuriale peine à s’imposer comme un véritable moteur de diversification économique. Mais encore faudrait-il que les structures chargées d’accompagner les porteurs de projets soient elles-mêmes en mesure de répondre à leurs attentes. C’est tout le sens de l’interpellation lancée, ce mardi 27 octobre 2026, par Sylvie Kotha épouse Nzamba, ancienne députée et actuelle conseillère municipale du 3ᵉ arrondissement de Libreville.
Dans une publication sur Facebook, l’élue dénonce la persistance de difficultés techniques au guichet unique de l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI-Gabon). Selon les informations qu’elle rapporte, une note de service du directeur général signalant ces problèmes aurait été affichée en janvier 2025. En octobre 2026, soit plus de vingt-deux mois après, les dysfonctionnements resteraient d’actualité.
Pour les entrepreneurs concernés, les conséquences pourraient être considérables : retards dans la formalisation des entreprises, projets ralentis et risques de perdre des marchés faute de documents disponibles à temps. «Informer sur un problème ne remplace pas sa résolution», souligne en substance l’élue, qui réclame des explications sur les causes des difficultés, les solutions engagées et les mesures provisoires destinées à protéger les usagers.
Une contradiction à lever

Sylvie Kotha épouse Nzamba devant l’entrée de l’ANPI-Gabon où la note est encore affichée. © Facebook
Cette interpellation intervient alors que le gouvernement, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le financement de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), a annoncé une étude de trois mois dans les neuf provinces du pays. Comme évoqué dans notre article du 21 octobre dernier, cette démarche doit identifier les déterminants économiques, sociologiques, psychologiques et écologiques qui entravent l’initiative entrepreneuriale.
Mais à quoi servirait ce diagnostic si les obstacles administratifs les plus immédiats demeuraient sans réponse ? L’étude devra certes éclairer les causes structurelles de la faiblesse du secteur privé. Elle gagnerait aussi à examiner les difficultés opérationnelles des administrations et organismes censés faciliter la création d’entreprises.
L’ANPI-Gabon n’est pas nécessairement responsable de tous les freins à l’entrepreneuriat. Toutefois, si les difficultés signalées sont confirmées et persistent depuis près de deux ans, elles poseraient une question de gouvernance, de continuité du service public et de redevabilité.
Quelles solutions ont été mises en œuvre ? Quels délais sont nécessaires pour rétablir un fonctionnement normal ? Existe-t-il des procédures alternatives permettant aux entrepreneurs de poursuivre leurs démarches ?
De la réforme à l’efficacité
Le guichet unique a précisément été conçu pour simplifier les formalités et réduire les contraintes administratives. Lorsque son fonctionnement est compromis, l’instrument de facilitation risque de devenir, paradoxalement, un obstacle supplémentaire.
Au-delà des discours sur l’entrepreneuriat des jeunes, la crédibilité de la politique publique se mesure aussi à la capacité des structures d’accompagnement à délivrer leurs services dans des délais prévisibles. L’ANPI-Gabon doit donc apporter des réponses précises aux préoccupations soulevées.
Car identifier les freins à l’essor entrepreneurial constitue une première étape. Encore faut-il que les institutions chargées de les lever ne contribuent pas elles-mêmes à les entretenir.
















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